A la galerie Alexandre : l’un au 6X6, l’autre à l’Iphone

Jean-Pierre Larcher interroge avec son Rolleiflex le corps et l’âme de ses modèles.

Elisa Dhervillers saisit l’instant avec son Iphone et livre une part de son intimité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des actrices françaises de cinéma, comédiennes de théâtre ou danseuses ont joué le jeu du photographe Jean-Pierre Larcher, qui interroge avec son Rolleiflex le corps et l’âme de ses modèles.

Sous son regard, Isabelle Huppert, Juliette Binoche, Emmanuelle Béart, Kristin Scott Thomas, Sandrine Bonnaire, Claire Nebout, Claire Keim et tant d’autres se sont livrées pendant de longues séances de poses à la lumière et au hasard, laissant d’elles une image épurée, comme hors du temps. Les clichés de Jean-Pierre Larcher, avec leur extrême douceur, nous offrent une troublante contemplation du corps, comme libéré de l’apesanteur.  Un dessin de l’ombre et de la lumière.

Auteur de la préface de « Belles de Nuit », livre qui aux Editions du Collectionneur rassemble ces photos, le cosmonaute Jean-Pierre Haigneré s’enthousiasme confrontant l’œuvre de Jean-Pierre Larcher à sa propre expérience :  » Comme un vaisseau spatial, ces images ont une vertu cachée, celle d’ouvrir des fenêtres entre le monde réel et le monde imaginaire, et elles nous invitent à faire la plus merveilleuse des explorations, celle de notre propre monde intérieur. »

Le photographe Jean-Pierre Larcher est également réalisateur de courts métrages et de nombreux documentaires pour la télévision. En 2011, « Le temps des vertiges » consacré à Michel Bouquet a été salué par la critique.

Deux photographes, deux styles

Elisa Dhervillers, elle,  présente une série de photographies intitulée « Ceux qui ne dorment pas ». Photographe des temps modernes, elle saisit l’instant avec son Iphone. Et livre une part de son intimité.

« J’ai eu un passage assez difficile dans ma vie, confie-t-elle. J’ai passé beaucoup de temps dans mon lit et dans ma baignoire. Mon champ de vision était réduit à la baignoire, les gouttes d’eau sur la baignoire, les draps du lit, les couettes, les oreillers. J’ai commencé à les prendre en photo parce qu’il y avait de la lumière et parce que ça faisait du bien. Je me suis retrouvée avec des montagnes de photographies de baignoires… Après, je suis partie sur l’eau, sur l’humidité, les larmes, le sexe, tout ça un peu mélangé. Dans mes photos, il est souvent question de jeux de matières, de textures, il y a toujours ce rapport solide / liquide. Tout ça est complètement lié à un gros passage à vide. C’était le début. »

Elisa Dhervillers ne photographie donc qu’avec son Iphone.  Elle sature toutes ses photos au maximum pour essayer de récupérer du grain et perdre en netteté. « Et c’est tout. Que ce soit en plein jour ou en pleine nuit. »

Jusqu’au 9 août, à la galerie Alexandre, 25 rue Gaston Folloppe à Bernay. Ouverte jeudi et vendredi de 16 à 20h00, samedi de 11 à 13h00 et de 16 à 19h00

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